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Le Yoga sans posture

jeudi 31 mai 2007

LE YOGA SANS POSTURE… JUSTE UNE ATTITUDE
(Philippe de MERIC)

Au fil de ces 300 pages, faciles à lire, originales, riches en rappels utiles, tonifiantes et encourageantes, l’auteur nous décrit en quelque sorte sa recherche de l’Etre et nous propose une progression pédagogique permettant d’accéder à l’intuition, seul « pouvoir » ouvrant la porte à tous les autres.
Sont sommairement décrits ici la progression et les exercices ; ce bref aperçu ne remplacera pas la lecture d’un ouvrage qui peut offrir au patient une bonne introduction à la pratique du yoga ; il Y retrouvera aussi plus d’un aspect de notre enseignement de la Biosynergie.

... On ne peut trouver de meilleures directives qu’en soi-même ; ce yoga est la trame de notre vie où s’entrelacent les trois fils nommés : Attitudes, Tension, Respiration juste, ainsi va pouvoir se libérer la force mystérieuse qui nous habite.

I-MISE A SA PLACE DU CENTRE DE GRAVITE PAR L’ATTITUDE JUSTE.

… Le Centre de gravité ou centre vital se place au centre du volume corporel limité, en arrière, par la charnière de la cinquième lombaire et la première vertèbre sacrée, en avant, par la paroi abdominale, de 3 ou 5 cm au dessous du nombril. Il se situe dans le socle formé par le bassin, comprenant le bas des reins, les hanches et la musculature sous-abdominale. Il est commandé par celle-ci en un point précis que les Maîtres japonais nomment TANDEN, au,dessous du nombril et dont nous pouvons mesurer la réalité lorsque, plaçant nos doigts en pointe sous le nombril, nous toussons.

a) Exercice analytique :
Assis ou debout, immobile ou en marchant, étirez-vous discrètement de bas en haut, des hanches au sommet de la tête, en rentrant le menton.

b) Exercice (ch 5) :
Debout, immobile, description détaillée d’une attitude basée sur les trois points essentiels : l’équilibre, la moindre tension, la respiration abdominale.

c) Exercice clef (ch 6) :
Permet de faire descendre le centre de gravité de la partie supérieure du corps, où il se trouve généralement, dans la position naturelle,et l’y maintenir.
Assis sur le bord d’une chaise, jambes en tailleur, les genoux écartés situés plus bas que les hanches, grandissez-vous de bas en haut, des hanches à la nuque, la région lombaire et le bas-ventre servant de point d’appui.
- laisser tomber les épaules
- Se laisser expirer lentement, largement, silencieusement
- Associer ce rejet de l’air à l’image d’un rassemblement des forces dans le ventre et les reins, tendant sans gonfler ni rentrer les muscles du bas-ventre ; l’inspiration sera réflexe, sans à-coup en gardant ferme la position des hanches et du ventre_
- Regardez droit devant vous : ne rentrez pas le ventre, maintenez-y une tension correspondant à la pulsion d’une toux légère ou à une expiration profonde.
- durée journalière de l’exercice : 1/2 heure.

... Cet entraînement est un moyen de vous mettre en état, en condition, une marche à suivre pour unir vos forces. Dès que vous aurez trouvé et placé votre centre de gravité au milieu du corps, vous vous sentirez libéré de vos crispations physiques et psychiques, et dans la partie supérieure du corps, vous éprouverez un sensation de légèreté annonciatrice d’un nouveau comportement intérieur.

… Il s’agit d’un rassemblement du commencement de l’unification de l’Etre : notre centre de gravité faussement situé en général au niveau du cerveau - intellect - ou du coeur - sentiment émotion, descend progressivement se situer à sa vraie place.

... Jung a écrit que la psyché est originairement une fonction du système nerveux répartie dans tout le corps et dont le centre (philogénétiquement) n’est pas dans la tête mais dans le ventre, dans un amas de ganglions.

... Le Hara sera le creuset où se réalisera la fusion contrôlée de ces noyaux de force que sont la raison et le sentiment.

II - RELAXATION OU TENSION CONTROLEE ?

(Philippe de MERIC donne au terme "relaxation" le sens strict de détente, de relachement physique).

... Les yoguins de toutes tendances, de toutes origines, n’ont jamais visé la quiétude physique, mais éprouvé celle-ci en recherchant le contact avec une force supérieure.

... Aucune forme de yoga, même gymnique, n’a été conçue en vue de la relaxation mais pour réunir toutes les conditions favorables à la naissance et la croissance d’une disposition d’esprit particulière modifiant notre attitude face à la vie (existentielle) favorisant l’expression d’une plus grande vie (essentielle) dont nous devons témoigner.

... Cette façon de voir situe à leur place respective : tension contrôlée et relaxation ; cette dernière ne sera pas un étal auquel on aspire, mais un moyen accessoire pour laisser faire en nous la force bloquée par nos contractures physiques, nerveuses, mentales, émotionnelles.

d) Shavasana : Posture du cadavre
... Posture de total abandon, premier palier en vue de « tuer » en nous toutes velléités de tensions issues de nos « moi » parasitaires soucieux de leur importance usurpée, véritables générateurs de nos angoisses... Anéantir, au moins momentanément, les causes même de nos blocages : suit, chapitre 7 la description détaillée de la posture et de ses effets progressifs en profondeur.

En ce qui concerne le contrôle des tensions, il ne peut y avoir de plan de travail méthodique !

… Rien n’est plus contraire que d’imposer par des règles des limites à l’éclosion de notre vraie nature, puisque justement ce sont des règles analogues, mais dont la contrainte nous est néfaste qui nous conduisent à en chercher d’autres.

N’attendez pas non plus de mieux vous porter, d’avoir moins de soucis, commencez maintenant sans excès de zèle : vous êtes convié à « vivre », non à employer ou tuer le temps. La persévérance est plus efficace que l’effort sans lendemain.

e) Exercice de pratiques quotidiennes
… Insérez dans votre journée quelques courtes séances de deux à cinq minutes pendant lesquelles assis ou debout, arrêté ou marchant, après avoir rectifié votre altitude selon les règles indiquées au chapitre 5 ( exercices numérotés dans cet article : a), b). Vous observerez votre état de détente ou de tension de la tête aux pieds.

… Par exemple en ce moment, quelle est votre attitude ? Si vous êtes assis, le dos est droit, mais comment ? Par un rejet des épaules en arrière ? Voilà une tension inutile, abandonnez-la, mais ne vous affaissez pas en avant, grandissez-vous en partant des hanches.

… Quelle force mettez-vous dans vos mains ? Juste ce qu’il faut, ou un peu de trop ?

... Si vous êtes debout, lorsque vous marchez, en voiture, etc... suivent plusieurs pages explicatives fort nécessaires à la prise de conscience des sensations à vivre.

f) Exercice pour dissoudre les tensions.
... Votre seul travail dans le cours de l’exercice précédent consiste à défaire toutes les sur-tensions, où qu’elles se trouvent, principalement celles des épaules, de la nuque, et de "rassembler" ces forces inemployées dans la région abdominale (définie au 1 du présent article), où elles s’annuleront en tant que perturbations et resteront comme une force à votre disposition.
... Cette notion originale, absente de la plupart des méthodes de Relaxation, procède de l’idée suivante : après avoir dénoué et relâché la contracture, il ne faut pas abandonner cette énergie disponible mais la mettre en réserve, comme si vous rassembliez un courant d’énergie pour le laisser couler dans le point de réunion sous-ombilical que les Japonais nomment TANDEN et les Taoïstes chinois TAN T’IEN.

... Ainsi, chaque fois que vous surprenez une contraction superflue, imaginez-la se dénouant au cours de l’expiration et se rassemblant à la fin de celle-ci, dans le centre de gravité.

… Cette observation de vos crispations n’est qu’une esquisse de ce que vous verrez plus tard lors de l’étude de l’attention, mais elle vous y prépare. Se discipliner dans les petites choses permet de venir à bout des grandes plus sûrement que l’inverse. On n’a pas tous les jours à prendre de graves décisions, mais la maîtrise de soi nécessaire dans ces cas se prépare et se fortifie dans les actes prétendus négligeables.

III - UNE IRRATIONNELLE LIBERTÉ, LA RESPIRATION

Chapitres 9 à 11
... La seule fonction végétative susceptible d’être contrôlée : ce fait est-il en corrélation avec notre limitée mais réelle liberté morale ?
Oui, selon les Yoguins, car respirer c’est permettre à l’Esprit de dominer la matière en s’exprimant à travers elle et par elle.

Les trois chapitres fournissent des aperçus intéressants sur la relation entre le PH sanguin et la respiration, le couple inspir - expir et la dualité actif - passif, certains effets de la respiration, le Prâna, la relation entre les rétentions poumons pleins et l’acidification, le diaphragme, la tension - inspiration et la parole - expiration, les apnées,etc...

Notion extensive de pranayama : chaque geste, chaque parole étant une expression du Prâna, nous faisons du Pranayama en dosant nos tensions, en coordonnant nos efforts, aussi bien qu’en respirant correctement.

En nous faisant participer à la vie, le souffle tisse un lien subtil unissant l’ensemble humain : physique, psychique, supra-psychique.

… Cet ensemble se développe ou s’atrophie au rythme de la respiration, au gré de nos attitudes physiques et mentales. L’équilibre fonctionnel total de l’être devrait se fonder sur une cohésion hiérarchisée redonnant à l’intuition la place qui lui revient, en union avec l’intellect, pour diriger l’émotion, force motrice accordée à la circulation harmonieuse du flux vital respiratoire.

... Retrouver ou maintenir cet équilibre complexe serait une tâche presque impossible sans un organe de liaison qui soit apte à réunir des principes autonomes par définition : le physique avec ses besoins organiques vitaux et sa connaissance sensorielle du monde sensible immédiat ; le psychique, par son aptitude à concevoir et à rationaliser la connaissance, à créer à partir de l’information ; enfin le supra-psychique : dont les capacités transcendent les données du réel et de la raison.

... Pour harmoniser en nous ces tendances, que nous éprouvons souvent comme incompatibles, pour atteindre la vérité, nous avons à notre disposition la liberté de prendre conscience de notre rythme respiratoire, la liberté de nous débarrasser de nos tensions inutiles, la liberté de nous accorder ainsi avec le rythme fondamental de la vie.

... Le chemin est de ce fait tracé du palpable organique à l’impalpable « spirituel », nous rentrerons en possession de notre pleine liberté.

... Retrouver une respiration naturelle, c’est au préalable prendre conscience d’un acte généralement inconscient, puis veiller à ce que rien ne vienne perturber son fonctionnement. D’où le premier exercice.

g) Exercice respiratoire n° 1
(Même position que dans l’exercice c).
... Sans penser à autre chose qu’à laisser sortir l’air par le nez, expirez sans bruit, lentement et profondément, le corps immobile. Cette respiration complète achevée, attendez que l’inspiration se produise d’elle-même, sans effort d’aspiration profonde. Continuez ainsi à votre gré, mais cette fois essayez de corriger votre respiration en la faisant partir du ventre.

...Maintien de la tension abdominale contrôlée : la bonne position se trouve dans la différence entre les deux extrêmes du ventre creux et du ventre gonflé, c’est-à-dire placé naturellement comme lorsque nous n’y pensons pas. Puis on y maintient la force nécessaire pour repousser le bout des doigts enfoncés en pointe sous le nombril (rappel). L’habitude et l’exercice aidant, cette tension se garde sans difficulté tout en respirant et en toute circonstance.

... Cette tension n’est autre que la manifestation tangible du centre de gravité vital retrouvé et souligné par la respiration. Ce centre ou lieu intérieur où convergent et d’où partent nos forces, est le seul endroit du corps où toutes nos contractures, crispations, raidissements divers, tant physiques que psychiques, non seulement se dissolvent mais se transforment en énergie nouvelle.

h) Exercice respiratoire n°2.

Pour rééduquer le diaphragme et apprendre à bien expirer.

... Debout ou assis, expirez par le nez profondément, chassez bien l’air des poumons ; lorsque vous croirez ne plus pouvoir expirer, pincez-vous le nez entre le pouce et l’index et faites deux ou trois tentatives d’inspiration en écartant les côtes sans laisser pénétrer l’air ni par la bouche maintenue fermée, ni par le nez, après ces fausses inspirations, sans reprendre haleine, lâchez vos narines et expirez encore un peu ; toujours sans reprendre de souffle, pincez les narines à nouveau et deux à trois inspirations simulées, expirez encore une fois et enfin laissez pénétrer l’air normalement.

… On peut ainsi rejeter de l’air trois ou quatre fois sans inspirer.
Recommencez plusieurs fois le cycle complet.

Cette pratique, grâce à sa fausse inspiration qui appelle le sang aux poumons, décongestionne et désintoxique.

i) Respiration en soufflet (Bhastrika) :

- Exercice respiratoire n° 3, debout ou assis de préférence.

… Inspirez doucement par les deux narines jusqu’à la dilatation de la région de l’estomac, puis expulsez rapidement l’air avec un bruit de soufflet. Après avoir inspiré et expiré vingt fois sur un rythme accéléré, pratiquez la rétention du souffle, poumons pleins (kumbhaka), cinq à dix secondes.

Suivent les précautions à prendre, et restrictions.

j) Exercice respiratoire n° 4 - Marche

… En marchant, après avoir pris une rapide inspiration sur un ou deux pas, expirez sur plusieurs pas, selon votre allure, votre possibilité.

k) Exercice respiratoire n° 5 - l’habitude de "dégonfler"

...Il est courant de ne pas savoir vider les poumons, en raison de nos états de tension répétés et quasi-permanents ; l’inspiration se déclenche d’elle-même, tandis que nous devons éduquer l’expiration.

... Le rejet d’air profond et répété, déplaçant le centre de gravité permet une inspiration naturelle non forcée.

L’expiration favorise l’élimination des toxines diverses déversées dans le sang par l’effort, la sédentarité, l’insuffisance fonctionnelle hépatique ou rénale.

L’exercice proposé à prendre en habitude consiste, chaque fois que l’on s’essouffle, chaque fois que l’on sent monter en soi la tension d’une irritation, et tout simplement chaque fois que l’on y pense, au lieu de reprendre votre souffle, ... à "dégonfler" votre angoisse en laissant profondément sortir l’air de vos poumons, et vous détendre en vous laissant porter par le souffle pendant cette expiration.

l) Exercice respiratoire no 6 - Pour gommer la douleur - (Complément à l’exercice f)
... Une phrase du professeur Von DURCKHEIM, lors d’une conférence, nous précise ceci : "Qu’est-ce que la souffrance ? C’est la plénitude de vie bloquée." De quelque degré qu’elle soit, de quelque façon qu’elle se présente, la souffrance considérée comme motrice ou créative par les uns, inhibitrice par les autres n’est peut-être bien que l’expression de cette vie inconnue empêchée de se manifester par nos contractures, puisque cette même souffrance s’estompe ou cesse lorsqu’on permet à l’expiration libératrice de dénouer cette tension.

... Pour mieux vous en persuader, à l’occasion d’une petite gêne, d’une légère crampe, essayer ce procédé : au lieu de vous contracter davantage en attendant que cela se passe, au lieu de frictionner l’endroit qui fait souffrir, acceptez cette douleur, décontractez l’endroit sensible en expirant profondément plusieurs fois de suite , vous serez surpris de l’efficacité du procédé.

... Pour les petites choses fort bien, se dit-on, mais les vraies douleurs ? Pourquoi pas ?

... Le processus est le même, son efficacité varie en fonction de l’intensité de détachement, dépend de notre degré d’acceptation, et de notre façon de voir juste.

... Quand donc reconnaîtrons-nous que nos maux proviennent des états de conscience recouvrant des couches successives notre personne réelle ?

IV - CULTIVER L’ATTENTION

... Lors de la recherche du maintien correct, du contrôle des tensions ou d’un rythme adéquat de la respiration, n’avons-nous pas constaté que la difficulté résidait moins dans chacune des rectifications prévues que dans l’instabilité de l’attention requise ? …Nous ne sommes jamais là où nous devrions être... Nous savons bien pourtant qu’en réalité nous vivons dans le futur en nous appuyant sur le passé. Le présent n’est qu’un mot commode fixant des limites précises entre ce qui fut et ce qui est à venir.

... C’est à chaque moment de notre vie que nous pouvons rencontrer cette vraie personne en nous, c’est à chaque moment qu’elle peut s’épanouir...
Soyons donc à ce que nous faisons :
- Quand tumarches, contente-toi de marcher
- Quand tu t’assieds, contente-toi d’être assis.
- Par-dessus tout, ne t’agite pas.

... Il ne nous reste plus qu’à nous exercer ; deux exercices de base pour commencer, longuement commentés.

m) Marche lente

… Sur cinquante pas, pendant 15 minutes portées peu à peu si possible à 30 minutes, en ayant conscience de la marche ; choisir pour cela un endroit habituel afin de limiter les causes de distraction ; porter l’attention exclusivenment sur le mouvement de chaque pied en pensant "lever, lancer en avant, poser" si la marche était lente ou bien "pied gauche, pied droit" lors d’une allure plus rapide.

n) Exercice d’attention, assis

Dans la position de l’exercice c) le dos de la main gauche reposant sur la paume de la main droite, les pouces se touchant par leurs extrémités ; la tranche des mains appuyée sur le bas-ventre, les épaules et les bras souples.

… le travail consiste à fixer l’attention sur le léger mouvement d’élévation et d’abaissement du ventre, mouvement qui accompagne naturellement une respiration bien localisée : pensez "élevé" lorsque le ventre se gonfle, "abaissé" lorsqu’il s’affaisse... Mais la pensée est aussi frétillante qu’un poisson... Ramenons notre attention sur le mouvement du ventre, sans impatience, sans crispation, sans déplorer ce perpétuel chassé-croisé de l’attention et de la distraction. A nouveau notre pensée s’égare, vers des souvenirs, des projets, des sensations, des idées de doute, etc...

... Quant la distraction est réfractaire à un effort pour la vaincre, on porte l’attention sur elle, et elle devient à son tour l’objet de notre contemplation. La force d’attraction de la pensée distrayante s’épuise et nous revenons alors plus aisément à l’objet primitif de notre observation : élévation, abaissement de l’abdomen pendant la respiration ; ou bien : pied gauche, pied droit pendant la marche.
... Durée 15 à 30 minutes
… Pourquoi ne pas nous imposer librement quelques minutes de "prise de conscience" fréquemment dans la journée, soit que nous marchions, soit que nous soyons immobile ? Sans nous faire remarquer de nos voisins, essayons le "levé - abaissé" ou la constatation d’autres sensations que nous allons examiner maintenant...

o) Entraînement systématique à l’attention.
... Lorsqu’il nous arrive de" prendre nos repas seul, rien ne nous empêche de poursuivre notre entraînement en observant nos gestes dans l’acte de manger ; l’attention se fixe alors sur les mouvements de la main portant la nourriture à la bouche, sur le déroulement des actes tels que : mâcher, avaler, boire ; chaque geste, depuis le moment où l’on s’assied, jusqu à celui de s’essuyer les lèvres et de se lever de table, est suivi sans interruption.

... L’exercice est approfondi encore par la contemplation des perceptions sensorielles : froid, chaud, sucré, salé, fade..

... D’autres instants sont dédiés à ce travail sur soi, par exemple : au réveil on fixe sa pensée sur « éveillé » et on suit les « faits sensation » qui se succèdent ; le premier temps de cette méditation du réveil est de penser « éveillé ». Puis, on détecte les sensations diverses : poids du corps, frottement des draps sur la peau, bruits environnants… etc…

... A un autre stade, l’humeur du moment devient l’objet de notre contemplation jusqu’à ce qu’on revienne à l’observation primaire en cours. Par exemple, un état dépressif ou d’énervement peut devenir l’objet de notre contemplation. Selon la catégorie d’émotion éprouvée on pense « fatigué » ou « ennuyé », « énervé », « inquiet ».

Le malaise moral se détache alors, en quelque sorte, de nous-même, nous le circonscrivons comme distinct de nous-même, nous le délimitons en le réduisant à sa réalité la plus simple. C’EST UN FAIT D’EXPÉRIENCE : cette contemplation apporte une détente au malaise psychique et moral, autant qu’elle soulage une douleur ou une gêne physique...

... Lorsqu’on suit la méthode, une distraction aussi agréable soit-elle n’est pas de mise pendant la durée de l’exercice ; on doit alors uniquement recevoir l’impression telle quelle, c’est-à-dire percevoir et observer
- le bruit comme un son
- le goût comme une saveur
- l’odeur, comme un parfum
- le spectacle comme le simple fait de voir
- le toucher comme un contact

Sans permettre à la pensée aucune interprétation qualitative ou discursive, sans laisser se dévider notre caméra intérieure ; notre attention bien dirigée permet de ressentir l’impression sensorielle dans sa pureté ; on arrive à enregistrer des sensations de plus en plus ténues.

... Habituez-vous à ces exercices, n’importe où, dans le bruit comme dans le calme, dans la foule, et la solitude et quelle que soit l’ambiance, au voiture pendant un embouteillage, en attendant un rendez-vous, en vous rendant d’une occupation à une autre.

Le chapitre XVII précise !a manière de pratiquer les exercices que nous avons numérotés m-n-o.

Le chapitre XVIII est consacré au Hara, le chapitre XIX à un ultime exercice en position assise pour aller plus loin dans « l’aventure intérieure ».

Le chapitre XX décrit :
... Quelques étirements et torsions qui, pour n’être pas inédits, n’en sont pas moins peu connus.
L’ouvrage s’achève par un chapitre XXI intitulé « une formule de vie » ; laissons une dernière fois la parole à l’auteur :

... Ce nombre 21, pour ceux qui connaissent la signification des Arcanes, correspond à l’idée d’aboutissement, et renferme un heureux présage de chance sur tous les plans.

... La méthode proposée va vous permettre de dépasser le découragement et la passivité, et de vous délivrer de l’insuccès, de l’angoisse. Vous allez y puiser des forces nouvelles. L’effort proposé, indispensable, deviendra possible, fécond. En effet, reprenant l’image proposée dans le chapitre sur la voie à suivre nous connaissons maintenant les trois piliers sur lesquels nous appuyer et le ciment qui les unit ; libre à nous de ne consolider que l’un d’eux : l’attitude, ou la tension contrôlée, ou la respiration, ou l’attention. Mais n’oublions pas que ces éléments sont inséparables et forment un tout harmonieux, de même que notre personnalité est complexe et, doit s’épanouir totalement. Il ne s’agit pas d’un détail défectueux à rectifier.

... Rien ne remplaçant la conviction acquise en pratiquant, je vous laisse maintenant avec vous-même.

... Vous possédez tous les éléments d’une « formule de vie », dont les données travaillées séparément d’abord et réunies ensuite, vous entraîneront vers un infini toujours plus vaste.

Juillet 1966.

Raymond VAHÉ

NOTA : tous les paragraphes commençant par trois points de suspension - c’est à dire la quasi-totalité de cet article - sont écrits de la plume même de l’auteur. Ceci afin d’offrir une idée aussi peu infidèle que possible de sa pensée... Pour bien faire, il aurait fallu reprendre les 300 pages, c’était difficile n’est-ce pas ?