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EDITORIAL

Le PRIX DU BONHEUR, ou ce qu’il en coûte de vivre mieux...

jeudi 5 juillet 2007

Il n’y a pas de bonheur sans liberté
Il n’y a pas de liberté sans courage.
PERICLES.

Dale Carnegie, le célèbre psychologue américain, disait à propos de l’un de ses ouvrages : [1]
« Si j’avais eu connaissance d’une telle oeuvre, j’aurais traversé les Etats-Unis à pied pour l’acquérir. »
Cette déclaration mérite quelques instants de réflexion.
Pour AVOIR et PARAÎTRE, nous dépensons chaque jour à la fois beaucoup d’argent et d’énergie et si chacun comptabilisait les sommes investies à ce titre, au cours de sa vie, il y a de fortes chances pour que l’importance des résultats obtenus apparaisse absolument dérisoire par rapport aux sommes astronomiques mises en jeu.
Or nous savons depuis Maslow que la satisfaction des besoins matériels est loin d’être satisfaisante pour assurer l’épanouissement d’un individu.
Mais nous ne savons pas ÉVALUER, c’est-à-dire donner une VALEUR aux moyens qui permettraient d’ÊTRE et d’ÊTRE MIEUX,c’est-à-dire de satisfaire ces autres besoins qui sont tendresse – amour - considération – estime – épanouissement, et nous conduisent à réclamer cette qualité de vie dont il est tant question de nos jours.
Une brève analyse devrait nous permettre de mieux cerner les conditions générales à respecter pour tenter d’obtenir précisément une meilleure qualité de vie.
Au départ il nous semble nécessaire de disposer de temps mais aussi de supports et de structures favorisant l’ouverture aux idées nouvelles.
Certes de nombreux ouvrages informent désormais le public qui « consomme » de plus en plus d’idées dans ce domaine. Mais la pensée en soi ne suffit pas. Il convient donc de passer à l’acte et dès lors apparaît souvent la nécessité d’avoir recours à un enseignant, c’est le cas notamment du yoga, des arts martiaux et de nombreuses démarches dans lesquelles il est peu aisé, voire dangereux de s’aventurer seul.
Bien entendu l’enseignant a besoin de vivre, donc d’être rémunéré. Pour exercer, il lui faut disposer d’un espace, plus précisément d’un lieu, qui sans être luxueux doit être confortable. Et toute activité professionnelle se doit d’obéir aux contraintes administratives, juridiques et fiscales dont le coût devient de plus en plus important.
Ajoutons que celui qui entend exercer le plus librement possible au niveau d’un lieu doit prendre en charge toutes les contraintes d’un local ouvert au public et dans ce cas, les conditions d’accès et de sécurité à respecter ont une incidence financière certaine. De cette courte énumération, il se dégage immédiatement une idée maîtresse : pour pouvoir enseigner une meilleure qualité de vie, il est nécessaire de disposer d’un espace-temps dont les contraintes au niveau du coût doivent être prises objectivement en considération.
Et voici le premier frein à la pratique du MIEUX-ETRE : il se paye mais l’on conçoit difficilement d’en payer le prix. Ce prix serait-il si exhorbitant ? La part du budget des personnes consacré à ce type d’activité est ridiculement faible par rapport à la part consacrée aux dépenses courantes dans lesquelles le superflu et le prestige sont supérieurs à celui réservé au mieux-être. Combien de fois n’avons-nous pas constaté l’incidence sensible d’une augmentation du coût de l’essence sur la fréquentation des cours de yoga !
Dès lors aussi une conclusion s’impose : nous souhaitons, certes vivre mieux, mais comme les conditions d’un mieux-être s’évaluent difficilement, la remise en cause des sommes investies à ce titre est quasi-permanente.
Mais ne nous y trompons pas. Rares sont ceux qui gèrent leurs ressources financières d’une manière objective. La relation avec l’argent est terriblement ambiguë, plus ambiguë encore quand il s’agit de se faire plaisir, et surtout de vouloir se faire plaisir sans recevoir une contrepartie matérielle « palpable ».
Tout ceci, les professionnels du Mieux-Etre se doivent de l’avoir vraiment présent à l’esprit, en permanence.
Faut-il renoncer pour autant ?
La réponse ne peut être qu’individuelle.
Le mieux-être, l’épanouissement mais aussi l’éveil peuvent s’atteindre par de multiples voies - plus ou moins impliquantes -. Il est à peu près certain que celle de l’enseignement du mieux-être est l’une des plus riches - humainement parlant - mais les efforts à fournir sont à la mesure des résultats que l’on souhaite véritablement obtenir.
C’est une affaire de choix, de choix personnel certes et rien n’oblige à s’engager dans une activité de cet ordre directement et sans se ménager des paliers.
Le relaxologue dispose, au préalable, de la possibilité de faire des démarches de créativité dont l’essentiel consiste - pour ceux qui ont bien compris - à trouver des solutions à de nombreux problèmes, mais surtout aux contraintes d’espace-temps.
Objectivité, créativité et désir profond d’être devraient conduire ceux qui le souhaitent vraiment à rejoindre ceux qui ont cru que l’ESPOIR pouvait devenir REALITE.
La tradition dit fréquemment que les voeux des personnes sincères se trouvent exaucés en fonction de la foi et de l’importance qu’elles accordent à ces voeux pour qu’ils se réalisent.
« N’a-t-on pas dit à propos de la victoire, qu’il fallait d’abord y croire ».
Si nous croyons profondément que notre propre évolution passe par l’évolution d’autrui et qu’en fin de compte notre santé et notre joie de vivre en recevront les effets bénéfiques, alors nous en sommes sûrs, le prix à payer ne sera plus l’obstacle majeur ni pour nous, ni pour autrui.

Yves Ropars.



[1« Comment se faire des amis », Dale Carnegie, Editions Marabout.