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EDITORIAL : LA PAROLE ET SON INFLUENCE.

lundi 10 décembre 2012

Si chaque être humain est reconnaissable à sa voix, qui lui est propre tout comme son visage, nous cherchons depuis l’Antiquité à trouver un sens aux paroles d’autrui.

Dans un premier temps, une importance essentielle a été at­tachée à la confiance que nous pouvons apporter à notre interlocuteur à travers ses dires.

Quelques expressions populaires traduisen l’impact de la parole sur autrui. Ne parle-t-on pas de la bonne parole, de la langue, donc de la parole qui peut être la meilleure ou la pire des choses, du mot juste, des paroles qui guérissent, . . . etc.

Mais notre parole semble bien être aussi un reflet de notre personnalité. C’est à dire le reflet de nos sentiments, de nos valeurs, de nos raisonnements et de nos jugements.

Et comme nos paroles influencent autrui et le transforment, nous voyons à quel point il est nécessaire d’être averti des « choses » de ce monde. À d’importantes connaissances sur l’homme et l’univers, doivent s’ajouter de sérieuses qualités humaines pour apporter dans le « commerce » de la parole des réponses et des propos constructifs et bienfaisants.

Rappelons que si la connaissance d’autrui est nécessaire, la connaissance de nous-même l’est encore plus et justifie tout à fait ce qu’affirmait Lao Tseu :
« Connaître les autres est sagesse,
Se connaître soi.même est sagesse supérieure. »

Comment pouvons-nous en effet situer autrui si nos connaissances sont insuffisantes et fausses, si nous n’avons pas conscience de nos propres mécanismes de défense, de nos fonctions d’adaptation privilégiées, de nos préférences et de nos sujets ?

Tout ceci nous permet de souligner l’influence que nous avons directement sur autrui dans une relation d’aide, et plus particulièrement dans une activité qui met en jeu la relaxation.

Faute de connaissance et d’« éducation », nous risquons de commettre des erreurs mais aussi de ne pas faire découvrir à chacun ses richesses et par conséquent nous risquons de limiter son propre épanouissement. Quel dommage en réalité !

C’est sans doute ce que veut exprimer la Tradition lorsqu’elle associe à la parole les notions de jugement, de paix et de résurrection.

La notion de jugement doit être prise dans le sens de discernement pour distinguer le spirituel du matériel, le fond signifié de la forme expressive, le verbe vivant de la lettre morte.

Tout le problème évolutif implique une spiritualisation progressive de plus en plus complète, mais ne refusant jamais de se soustraire aux obligations du travail terrestre.

Par obligations du travail terrestre, nous devons, semble-t-il, entendre la participation aux tâches matérielles pour conserver le contact avec une certaine réalité mais également la participation harmonieuse de notre corps au mouvement et par là même à la vie en général.

À la notion de discernement s’ajoutent celles de justice et de tempérance qui se rapportent en premier lieu à la coordination du chaos physique au sein duquel la loi d’équilibre réalise la stabilité relative qui se prête à la constitution des organismes, ceci représentant un préalable à la paix.

De là s’écoulera la lumière constructive inhérente aux manifestations vitales car la vie s’écoule avec intention dans un but déterminé. C’est pourquoi, sans doute, la Tradition parle de résurrection.

En biosynergie, la parole du praticien jouera très certainement dans le cadre des séances, un rôle catalyseur dont l’effet bénéfique dans un résultat d’ensemble permet de parler de transformation pour les personnes qui ont vécu cette belle aventure.

Souvent, l’intensité de la transformation est telle qu’il est possible d’évoquer le mot de renaissance - n’est-ce pas aussi parfois une résurrection ?

Si pour conclure, il nous faut reconnaître qu’à propos de la parole, du langage et du son, il y aurait encore beaucoup à dire par rapport à la Tradition d’une part, notamment en ce qui concerne l’influence du son (voir l’article concernant le son dans le présent numéro) et par rapport aux sciences humaines d’autre part, en rela­tion avec la Sémantique générale (1) ; nous nous permettons essentiellement d’insister sur notre responsabilité de praticien qui implique obligatoirement de notre part une attitude permanente de recherche de connaissances, de corrélation entre ces connaissances et d’esprit critique par rapport à nous-même, faute de quoi nous risquons de dénaturer et d’amoindrir l’apport de la biosynergie. Or telle n’est certainement pas notre intention, bien au contraire !

(1) La Sémantique générale aujourd’hui. Michel SAUCET.
Ed. Retz.

Yves ROPARS.

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