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Relaxation et Orthophonie

lundi 19 mai 2003

I - COMPTE RENDU D’UNE EXPÉRIENCE DE TRAVAIL AVEC DES ORTHOPHONISTES DU DÉPARTEMENT DES HAUTES-ALPES

1) Comment ai-je été amenée à faire cette expérience ?

Au cours de l’été 1982, deux orthophonistes travaillant dans un centre de cancéreux de la gorge m’ont demandé de leur parler de la relaxation. L’expérience valant mieux qu’un long discours, je leur ai offert deux séances de relaxation.

Elles Ont été enchantées et ont voulu tout de suite les mettre àprofit avec leurs patients. Elles se sont bien vite rendues compte de leurs insuffisances, de la nécessité d’une pratique personnelle, et d’une formation plus complète.

Elles en ont parlé aux rencontres départementales des orthophonistes, et c’est ainsi que nous avons mis en place un groupe de travail d’une dizaine de personnes pendant l’année scolaire.

2) Déroulement des séances.

Nous avons procédé de la manière suivante

Cinq rencontres d’environ 3 heures, chacune d’elles était divisée
en deux temps :

  • vivre ios exercices de relaxation,
  • Réfléchir et échanger sur la manière dont ils ont été vécus et comment ils peuvent servir à la rééducation orthophonique.

A partir de la deuxième séance, elles faisaient part de leur expérience auprès des patients, des résultats et des difficultés.

Les thèmes abordés ont suivi la progression suivante :

1ère séance : la réceptivité

« apprendre à sentir au lieu de penser » les actes conscients - les niveaux respiratoires.

2ème séance : l’émissivité

« Emettre consiste à rassembler toutes les énergies en un seul élan en l’orientant vers un seul point. Il faut d’abord libérer l’influx vital. » Travail par deux.

3ème séance : la concentration

L’unité du corps - la progression dans la relaxation - le choix des mots - la mobilisation -

4ème séance : la concentration (suite)

Déconcentration- dissociation - élimination

5ème séance : les forces intérieures

les thèmes de relaxation - les musiques - bilan des séances projets -

3) Bilan

Cette expérience a été très positive. La plupart ont très bien vécu la relaxation, elles ont mis en pratique ce qu’elles avaient découvert auprès de leurs patients et bien souvent les résultats ont été étonnants : certains exercices de VITTOZ ont débloqué des rééducations qui piétinnaient et les exercices de relaxation en début de séance ont rendu beaucoup plus efficace le travail orthophonique. Dans certains cas, elles m’ont même adressé des patients qui leur posaient des problèmes relevant plus de la relaxation que de la rééducation vocale. J’ai moi-même mieux connu leur travail, leur rôle auprès des patients. J’ai eu la chance de travailler avec des personnes très ouvertes dont la nature de l’intervention depassait de loin la simple rééducation de la voix.
Pour ne pas alourdir ce compte-rendu, je ne parlerai pas des cas ou des problèmes abordés mais je le poursuivrai d’un exposé théorique qui peut aider tous ceux qui désirent rencontrer des orthophonistes en connaissant un peu mieux leur besoins. Il faut notamment savoir que la formation officielle dispense seulement un enseignement théorique sur la relaxation et que celui-ci est très succinct.

II - LA PLACE DE LA RELAXATION DANS CERTAINES RÉÉDUCATIONS DES TROUBLES 0E LA VOIX ET DU LANGAGE.

La relaxation est très souvent conseillée en début de traitement orthophonique.

Ce que j’expose ici est tiré du « Cours de Pathologie Vocale » dispensé par le Docteur François LE HUCHE, phoniatre.

Ce cours s’adresse aux élèves préparant le Certificat de Capacité d’Orthophoniste à l’Université de Paris VI - UER Pitié - Salpétrière.

Les Dysphonies fonctionnelles :

Définition : C’est un trouble de ta phonation provenant d’un défaul de coordination entre te souffle et le larynx (le vibrateur),appeli également « désacord pneumo-phonique ».

Manifestations : Au lieu d’utiliser le souffle abdominal contrôlé par l’action du diaphragme, le dysphonique utilise le souffle thoracique supérieur. Le Larynx joue alors un double rôle - régulateur du débit d’air et vibrateur - au lieu de servir seulement de vibrateur.

Le sujet a tendance à perdre sa verticalité en déplaçant le sternum vers le bas et le menton vers l’avant : ce qui provoque des crispations locales et générales.

Ayant l’impression de manquer d’efficacité vocale, il fait un effort et ressent une oppression respiratoire et parfois des douleurs cervicales. Il faut souligner, parmi les facteurs déclenchants ou favorisant, ceux qui nous concernent :

- surmenage, notamment chez les enseignants,
- facteurs psychologiques : contrariétés, deuils, soucis professionnels, financiers, sentimentaux...,
- bruit,
- tempérament : les dysphoniques sont souvent vifs, nerveux, anxieux, perfectionnistes,
- état chronique de conflit psychologique.

Les dysphonies fonctionnelles peuvent prendre certaines formes particulières.

Dysphonies fonctionnelles de l’enfant ou raucité vocale infantile

Elle apparaît vers 6-8 ans en général et évolue de façon irrégulière. Elle peut être déclenchée par des sinusites ou des laryngites. Souvent, l’enfant parle trop fort pour compenser l’altération de ses cordes vocales et cela malgré la douleur.

Elle est fréquemment associée à la dyslexie, à l’énurésie, ou à un problème d’adaptation scolaire ou familiale.
Souvent l’enfant ne sait pas se servir de ses muscles abdominaux pour parler et ceux-ci ne sont pas bien développés. Il manque d’aplomb et tombe facilement.

A la rééducation vocale s’ajoute un travail abdominal, il faut également lui apprendre à se tenir sur ses jambes, à utiliser le contrepoids de son bassin.

Trouble de la mue chez le garçon

Entre 13 et 16 ans, le trouble survient quand l’allongement des cordes vocales est trop rapide (comme celui des bras souvent).

Il y a alternance entre :
- La voie aigue, voix de tête et
- La voie grave, voix de poitrine.

Le Docteur LE HUCHE recommande vivement les exercices de relaxation et les techniques de souffle associées aux exercices de projection vocale. Je le cite :
« Le sujet apprend à maîtriser la quantité d’énergie déployée. Il se donne beaucoup de mal pour saisir son registre grave, d’où l’intérêt des exercices de détente ; en effet, le problème vient principalement de ce que le registre ne peut être produit quand le sujet déploie une énergie trop grande ; pour descendre il faut détendre. »

Dysphonie chez les chanteurs ou dysodie

Il faut leur apprendre l’économie d’énergie. Ils ont tendance à faire des efforts pour chanter et tombent dans le cercle vicieux de la fatigue.

Aphonies et dysphonies psychogènes

(appelées également aphonies hystériques ou par inhibitions vocales)

Elles atteignent en général les femmes, la voix est chuchotée. La malade fait beaucoup d’efforts pour obtenir cette voix. Elle a en général l’air inquiet, agité, en proie à un malaise intérieur qui peut être épisodique.

Elles sont parfois dues à des contrariétés : la personne préfère se taire plutôt que de se laisser trahir par sa voix, réflexe d’inhibition vocale pour cacher l’émotion.

Les cordes vocales sont normales. II est important d’expliquer au sujet les causes, de lui redonner confiance :
- Quand on est angoissé, la voix s’en va : « inconsciemment, j’évite ma voix pour ne pas trahir mes émotions »
- La crainte de fatiguer sa voix amène à la ménager tellement qu’elle ne fonctionne plus.
- La crainte d’être guéri trop vite peut faire échouer le traitement.

L’importance de la détente et de la progressivité est ici très grande.

Dysphonies spasmodiques

Elles se manifestent soit par des spasmes respiratoires, soit par des spasmes laryngés. Elles touchent des sujets souvent très angoissés. Ils font des efforts importants pour parler.

Au moment des difficultés vocales, on trouve comme chez le bègue un accroissement du niveau de tension intérieure, mais le bégaiement est un trouble de la parole alors que la dysphonie est un trouble de la voix. En général, elle n’existe que chez l’adulte.

Dans cette dysphonie, la perte de schéma corporel est souvent très considérable et il faudra rendre au patient la possibilité de réintégrer son propre corps. Il sera nécessaire d’utiliser des exercices très simples et souvent ajouter un traitement psychothérapique.

III - LE TRAITEMENT DES DYSPHONIES FONCTIONNELLES.

1) L’information du sujet.

Il faut l’informer des étapes de rééducation :
1er temps : Apprendre à se détendre et à utiliser de petites quantités d’énergie par la pratique de ta relaxation - Prendre mieux conscience de son corps.

2ème temps : Apprendre les techniques du souffle et du comportement pour trouver l’attitude propre à la projection
vocale.

3ème temps : Travailler sur la voix proprement dite.

2) La Relaxation

Elle permet au sujet de sortir du cercle vicieux qui l’entraîne à déployer un effort pour pallier la gène ressentie par l’insuffisance de sa voix. Elle favorise la maîtrise de l’énergie et permet d’avoir un comportement phonatoire économique et bien adapté.

Elle permet à l’individu de retrouver un équilibre psychologique. La voix et la parole s’intègrent dans des fonctions d’expression et de relation avec autrui. Le symptôme vocal est souvent la manifestation d’un trouble plus général intéressant la vie relationnelle du sujet, la dynamique de son comportement global.

Elle facilite et augmente l’efficacité du traitement phonique en donnant aux résultats un caractère plus rapide, plus profond et plus durable.

3) Pédagogie du souffle phonatoire.

Ce sont des exercices destinés à donner au sujet la maîtrise du souffle. A titre d’exemple : Le souffle rythmé, La balance : alternance - respiration abdominale, respiration thoracique.

4) Pédagogie Vocale.

Ce paragraphe concerne les orthophonistes . Notre rôle s’arrête aux troisième temps.

Geneviève MANENT