Logo de ce site

Accueil > Biosynergie > Héliades > Héliades N°19 > A PROPOS DE LA SERENITE

EDITORIAL

A PROPOS DE LA SERENITE

dimanche 1er juin 2003

Ce numéro 19 d’Héliades paraît en période d’été où chacun espère que le soleil sera très présent durant cette saison.

Le soleil nous apporte la chaleur et la lumière. Cette lumière qui dissipe l’obscurité de la nuit - et pour nos ancêtres - les problèmes engendrés par cette obscurité comme la peur et l’angoisse.

Si maintenant nous faisons référence à l’Esprit solaire, c’est-à-dire à celui qui éclaire notre propre vie, la tradition nous dit que " cet esprit est fait d’intelligence et de sagesse. Il est la structure de l’organisme. De lui dépend l’harmonie et la plénitude. C’est à l’homme de savoir gagner la sérénité et à l’utiliser. "

La notion de sérénité, envisagée d’un point de vue extérieur, peut apparaître souhaitable, d’un abord difficile certes, mais pas obligatoirement inaccessible.

L’expérience prouve qu’il n’en est rien.

La Tradition et toutes les traditions affirment que rien d’harmonieux ne se construit sans effort et sans contrainte et de conclure que seule la rigueur de pensée peut conduire à la sérénité.

La voilà donc, cette difficulté essentielle : c’est celle de la rigueur de la pensée !

En fait, pourquoi est-ce vraiment une difficulté ? Ne serait-ce pas dû à notre croyance en la toute puissance de notre raisonnement - en son infaillibilité ? Une vision objective de nos difficultés quotidiennes devrait pourtant nous conduire à mettre en doute le dogme de notre infaillibilité personnelle.

Or, la remise en cause de nos croyances et de nos systèmes de valeurs s’envisage rarement, pour ainsi dire jamais ; elle est parfois même repoussée, sous prétexte de croire que cette remise en question serait une atteinte à la liberté de pensée.

En fait rien n’est plus faux. La liberté extérieure est bien peu de choses si nous ne disposons pas de la liberté intérieure………………….

Et le monde occidental, si fier des acquis de la technologie, devrait pourtant se poser, aujourd’hui, la question de son profond malaise. Peut-être serait-il conduit à s’intéresser beaucoup plus à l’univers de l’intériorité, qui a tout de même été abordé, soulignons-le, par l’introduction de la psychanalyse.

Cette première approche a suscité des querelles et des conflits qui nous ont permis de comprendre que l’univers intérieur est rempli de pièges. Quelques démarches se proposent de les déjouer, telle la Sémantique générale par exemple ou les études faites à propos de l’automorphisme.

" Le mot d’automorphisme (de autos soi-même, et de morphè : forme) s’applique, selon l’étymologie, à la disposition d’esprit par laquelle nous tendons à imposer la forme de notre âme à l’âme d’autrui et, plus généralement, à projeter nos attributs personnels dans les êtres et dans les choses. (1’ "anthropomorphisme ", qui impose la forme et les attributs de l’être humain à ce qui n’est pas humain, n’en est qu’une variété, un aspect parmi beaucoup d’autres) ".

A chaque époque, chaque thérapeute pense être à l’extrême pointe de la connaissance de l’homme et croit que son école est la seule à posséder la véritable science, alors que les progrès, qui ont été réalisés depuis cinquante ans, devraient nous inciter à plus de modestie, et Léone Bourdel de préciser à propos de l’automorphisme ceci [1] :

" Par automorphisme, on se documente plus sur ce qui se rapporte à soi que sur ce qui se rapporte à autrui, et l’on accroît ainsi son égocentrisme. Mauvais calcul, et cercle vicieux. Car l’automorphisme ainsi ne fait que se renforcer. On devient de plus en plus subjectif dans ses jugements, et dans les décisions qui les suivent. On déclenche des conflits. Connaissant moins bien autrui, on ne le traite pas comme il demande à être traité L’incompréhension devient réciproque et va en s’accroissant de part et d’autre. Les conflits, de latents, deviennent permanents, puis " héréditaires ", puis ils perdent tout frein et toute mesure. "

Comme remède à cette difficulté, Léone Bourdel proposa, dès 1935, la notion de psychobiologie différentielle et ses études remarquables sur le sang et les tempéraments.

Ce fut à l’époque une première tentative pour trouver des relations objectives entre la pensée, le tempérament et le comportement ; actuellement, les travaux de Léone Bourdel connaissent un regain de curiosité et d’intérêt véritable depuis que le professeur Dausset, prix Nobel de médecine, propose de cultiver la différence entre les êtres humains.

Il s’agit bien entendu de " cultiver " les différences naturelles et non les différences d’origine pathologique.

Ce simple rappel des problèmes soulevés par la recherche intérieure nous conduit à évoquer aussi les difficultés fondamentales pour atteindre et conserver la sérénité.

La relaxologie n’échappe pas à la nécessité de s’intéresser sérieusement à la rigueur de la pensée contrairement à ce qu’imaginent le public et même certains thérapeutes.

La relaxologie laisse apparaître ainsi une exigence insoupçonnable : celle de la nécessité d’une véritable maîtrise de soi qui s’ajoute à celle d’une grande connaissance de soi et des autres.

Elle devient donc, dans sa pratique, plus qu’une simple activité professionnelle ; elle implique obligatoirement une relation intime avec la Sagesse, au sens traditionnel du terme.

Cette remarque nous apparait fondamentale car elle conduit à tenir compte notamment de la nécessité d’être vigilant à soi-même d’une manière permanente, et à douter systématiquement de sa propre vision des choses.

Ainsi, en nous plaçant d’une manière implacable face à nos responsabilités, la relaxologie et plus encore la Biosynergie, nous rendent un éminent service : il ne nous apparaît plus possible de tricher avec nous-mêmes ni avec autrui.


[1Les tempéraments psychobiologiques. Maloine 1961 (ouvrage épuisé).