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LA RELAXATION, CHEMIN D’INTEGRATION POUR ALLER DU CORPS A L’ETRE

jeudi 14 août 2003

LA RELAXATION, CHEMIN D’INTEGRATION
POUR ALLER DU CORPS A L’ETRE

INTRODUCTION

1. FORCE NATURELLE D’EXISTER

2. CONSCIENCE DES VALEURS

3. DESIR DE COMMUNION UNIVERSELLE : MISSION

EXPERIENCES DES TECHNIQUES CORPORELLES
ETUDES DE CAS

1. SOPHIE

2. Mme X

3. Mathieu

CONCLUSION

INTRODUCTION

Comme il me semble difficile de définir l’Etre par des mots, je commencerais par donner des images :

I. FORCE NATURELLE D’EXISTER

Pour illustrer le premier aspect : l’élan vital, "l’impulsion à suivre un certain chemin, le chemin de sa destinée" , nous pouvons nous référer à l’histoire du "vilain petit canard" qui se révéla être un cygne malgré sa naissance au milieu des canards et malgré l’ignorance dans laquelle il est de son identité. Au moment où il se perd dans la nature, désemparé, il aperçoit voler des cygnes. Quelque chose d’inconnu se réveille en lui, une résonance de courte durée mais suffisamment forte pour venir à sa conscience :
- Il s’agit pour moi d’un réveil de l’être, d’une première étape

"Au-dessus de lui, passa un vol de grands oiseaux, les plus beaux qu’il ait jamais vus. Ils crièrent en se tournant vers lui et en les entendant, il senti son coeur bondir et se briser en même temps. Il cria en retour et le son qu’il émit lui était inconnu. Il n’avait jamais vu plus magnifiques créatures et il ne s’était jamais senti si affligé. Il tourna encore et encore sur l’eau pour les suivre des yeux jusqu’à ce qu’elles aient disparu, puis il plongea vers le fond du lac et s’y pelotonna, tout tremblant. Il ne s’appartenait plus, car il éprouvait un amour désespéré pour ces grands oiseaux blancs, un amour qu’il ne pouvait pas comprendre".

- Cette rencontre avec l’être est du domaine de la connaissance intuitive, du ressenti. Elle peut être enfouie et oubliée ou demeurer présente au cours de la vie.

Or la relaxation, nous apprend à être réceptif, à développer "le senti" et accepter que le langage de l’intuition ne soit pas nécessairement rationnel : nous éveillons notre conscience et nous la considérons comme un outil essentiel dans notre vie.

En étant conscient, je vis davantage en accord avec moi-même, alors je peux décider ce qui me convient.

II. CONSCIENCE DES VALEURS ET DE MOI-MEME

Dans son deuxième aspect de choix, de prise de conscience de soi-même pour "chanter le chant de sa propre vie"1, nous pouvons observer comment apprendre à découvrir et suivre son fil d’Ariane à travers la fable "le loup et le chien" . Je peux choisir de quitter les bois et de me laisser attacher comme un chien : chaque jour j’aurai à manger et je serai en sécurité dans ma niche. Mais j’ai également le choix de garder ma nature sauvage de Loup (que je ne voudrais pas échanger même contre un trésor) et prendre le risque de la forêt et de la faim ; ainsi je donnerai à ma vie sa véritable dimension. Je peux m’ouvrir aux espaces infinis, dépasser les frontières du connu et du temps, connaître l’exaltation de la nature et oser être moi-même, malgré tous ceux qui disent "ne va pas au bois, n’y va pas" et à qui je réponds "c’est ma vie... il faut que j’aille dans les bois, sinon ma vie ne commencera jamais"

A ce niveau, l’être est en perpétuel mouvement, en création permanente mais si l’être ne trouve pas son chemin, la personne souffre du "mal-être". Je considère parfois les maladies mentales comme l’histoire du "mal être" : ne sachant pas comment être ni comment faire, l’homme se "perd" dans la folie. D’ailleurs, y a-t-il une frontière étanche entre hallucination et vision mystique ?

La relaxation contribue à la connaissance de ce qui est juste pour moi. Elle relie le conscient et l’inconscient et permet de voir clair au-delà de la vue sensible. Par le recentrage, le rassemblement au centre de soi, elle éloigne ou permet de dépasser la peur fondamentale de se perdre.

"Nous devons construire chacun notre conception du monde qui correspond à ce que nous sommes en vérité, c’est à dire ce que nous sommes d’unique"

La relaxation m’aide à faire triompher le sens sur le non sens et comme le poète "je sais habiller de lumière l’acte le plus quotidien"
Par le passage du palpable à l’impalpable, du visible à l’invisible, cette approche m’apporte l’élément d’intériorité nécessaire à l’intégration de l’expérience et me situe dans mon histoire individuelle et collective.
Le monde fini ne saisira jamais l’infini de mes espaces intérieurs, ni mon potentiel intérieur illimité.

Et progressivement j’apprend à :
- tirer les leçons du passé
- comprendre les événements du moment
- trouver des conclusions justes pour l’avenir.

Je peux évoluer et grandir :
- mon histoire prend sens dans le temps : histoire de ma famille et de mon
époque en lien avec l’histoire du monde,
- histoire de mon pays en lien avec le monde contemporain et l’univers.

L’expérience extérieure trouve sens à l’intérieur et réciproquement la prise de conscience (intérieure) crée ou modifie les événements extérieurs

III. DESIR DE COMMUNION UNIVERSELLE : MISSION

Dans son troisième aspect, l’être nous appelle à entrer dans un projet qui nous dépasse, un désir de communion "avec autrui, avec le monde, avec Dieu"
A ce niveau, la personne aspire à l’amour universel, cherche à harmoniser les contraires, tend à se dépasser sans cesse.

Un conte zen raconte l’histoire d’un pays en guerre : les habitant se tournent vers un sage dans l’espoir de faire revenir a paix. Ils s’attendent à une aide sous forme de négociation ou de force extérieure mais le sage rentre chez lui et huit jours plus tard la paix s’étend dans le pays. Face à leur étonnement , il affirme "j’ai fait la paix en moi et la paix a pu rayonner autour de moi".

Le relaxation apporte une qualité de présence à soi, un silence qui favorise la présence à l’autre et au monde.

C’est une plongée au profondeur qui nous amène dans ces régions (en nous) où demeurent de manière immuable l’amour, la paix et la joie. A ce niveau, l’homme manifeste le divin, désire œuvrer pour l’évolution de ses semblables et se place dans sa dimension d’éternité en lien avec le monde et l’Univers.

L’être donne des ailes !
G. MANENT

ENTRONS DANS L’EXPERIENCE
DES TECHNIQUES CORPORELLES

La relaxation est

Un outil de détente qui agit sur le plan physique et favorise l’élimination des tensions musculaires ; elle améliore la qualité du sommeil, de la respiration et permet de retrouver un bon équilibre (par exemple pour faire du vélo),

Un moyen d’être présent à soi-même, de mieux se concentrer ; elle apporte des aides dans le soin des troubles psychosomatiques : maux de ventre, crises de foie, eczéma...

Un puissant facteur de transformation qui développe la confiance en soi et la créativité, problème d’estime de soi chez les adolescents,

Un élément d’intégration en ce qu’elle favorise le passage du monde extérieur au monde intérieur.

De même que "le lieu de silence est indispensable pour que la connaissance prenne corps"*, la relaxation est un lieu d’élaboration de la véritable connaissance née de l’expérience .

La certitude d’exister s’enracine dans le corps et dans les sensations. La relaxation relie la personne à sa propre expérience : tout en libérant l’imaginaire elle la rattache à ses racines et à sa structure. Le passage d’une réalité concrète et palpable (je sens) à une réalité mentale (j’évoque - je me représente) puis imaginaire (données subjectives) débouchent sur une élaboration du vécu et une nouvelle capacité d’appréhension des événements.

La relaxation crée un contexte de sécurité et de confiance : à l’écoute de son corps, la personne apprend à faire le lien entre ses sensations, ses émotions, ses sentiments. La connaissance d’elle même passe par la rencontre d’une expérience vécue et ressentie et d’une prise de conscience qui permet de nommer et de comprendre.
Alors la dimension symbolique apparaît. En ce sens, la relaxation devient le plus souvent un véritable révélateur pour l’être.
La relaxation est un outil qui permet progressivement une meilleure alliance entre le corps physique, les émotions ou les sentiments, le mental et le spirituel : l’Etre est-il ce noyau essentiel qui agrège autour de lui tous ces éléments ? L’Etre est d’abord une vitalité profonde puis un potentiel qui s’actualise (ou non) au cours de la vie.
Nous illustrerons notre recherche à partir d’études de cas (adulte, adolescent et enfants) : nous envisagerons comment donner sens à ce que dit le corps pour se sentir exister.
Avec mon corps "je sens" : suis-je simplement dans le domaine du faire et de l’avoir, celui dans lequel j’évolue selon des objectifs définis : je réagis et j’agis de plus en plus consciemment.
Avec mon être "JE SUIS", j’avance vers l’autonomie, finalité ultime.
Comment relier sur un même axe cette finalité du domaine de l’être et les objectifs du domaine du faire ?

TROIS EXEMPLES ILLUSTRANT LES CARACTERISTIQUES DE LA RELAXATION ET DE SES EFFETS DANS DES SITUATIONS PATHOLOGIQUES

1- SOPHIE 15 ans

Par cette étude, je souhaite illustrer

tout d’abord, l’idée que la relaxation peut être une aide, dans la mesure où la personne choisit et décide de se prendre en charge, de se placer dans une démarche de conscience, ce qui diffère de l’attitude : - s’en remettre complètement à quelqu’un - Elle manifeste son élan vital par des objectifs précis (exemple : je veux me faire placer un stérilet) et le plus souvent nous retrouvons son "fil d’Ariane" et une ouverture aux domaines infinis de l’être.

Ensuite, la constatation que "cela ne marche pas à tous les coups" car il y a différents niveaux d’action et la relaxation respecte et prend en compte les résistances.

Enfin, je pose la question de la guérison définitive = si, dans un certain sens, l’incarnation est imparfaite, notre chemin d’évolution passe par des guérisons successives. A chaque pas je guéris un aspect, un élément, un niveau ; j’éveille ma conscience et je vais de mieux en mieux. Des événements nouveaux se présenteront toujours, mais peut-être serais-je mieux préparé à réagir et au moins saurais-je quel niveau réagit en moi : mon cerveau limbique et ses conditionnements, sa peur de l’inconnu, ou mon néo-cortex avec sa souplesse et sa réflexion globale. "Certes le caractère terrestre de l’homme, face aux élans de son intuition, est d’une lamentable imperfection, mais précisément cette imperfection fait partie de la réalité de l’homme. Etre lié à la terre ne signifie point que l’on ne puisse grandir, au contraire... Nul arbre noble et de haute futaie n’a jamais renoncé à ses racines obscures" .

Sophie vient en consultation à la suite du décès accidentel de sa mère ; elle est accompagnée par une voisine dont la fille a fait de la relaxation avec moi. La voisine m’informe du décès mais, au cours des séances suivantes, Sophie n’en parle pas ; elle affirme même simplement venir à cause de problèmes rencontrés en classe. Puis Sophie se met à avoir des angines sans en comprendre l’origine. Me demandant comment je pouvais aider Sophie à parler de sa maladie, je lui propose une visualisation sur l’arbre . Cette visualisation insiste sur l’enracinement dans la terre, (terre mère), la terre qui porte et à qui l’on peut se confier pour puiser la force de grandir et se tourner ensuite vers le ciel ; l’arbre relie terre et ciel.
A la séance suivante, Sophie arrive en disant qu’elle avait découvert pourquoi elle avait des angines à répétition "C’est parce que je n’arrive pas à parler de ma mère" dit-elle et, ce jour là, elle exprime son souhait d’en parler.

La relaxation et la visualisation lui ont permis de faire le lien entre conscient et inconscient.
La maladie, symptôme de cette difficulté à s’exprimer, avait joué son rôle et l’adolescente a pu en écouter le sens. Cette expérience l’a rendue plus consciente de la place de son corps et du rôle qu’elle peut jouer dans sa vie en faisant des choix (parler ou se taire)

Au bout de quelques semaines de séances alliant discussion et relaxation, Sophie a nommé son désir d’arrêter les rencontres. La prise en charge avait duré environ six mois (compte tenu des arrêts pendant les vacances scolaires).

Je la revois à 18 ans à l’époque du bac. Elève habituellement brillante, elle échoue aux épreuves du bac blanc. Elle se dit dégoûtée de la vie, dépressive, elle a l’impression de commencer seulement à faire le deuil de sa mère et elle dit aller très mal. Je l’invite à décrire son état : "la vie n’a pas d’avenir, dit-elle, vu le chômage qui nous guette, tout va mal sur terre, la télévision amène chaque jour davantage d’horreurs, etc"
Je lui demande quelles études elle entreprendrait si, malgré tout cela, elle avait la possibilité de réussir ses examens. Elle aimerait choisir une profession dans l’environnement. A ce moment là son regard s’anime, elle désirerait agir pour sauver la planète. Je l’aide à s’exprimer sur le sujet et à me raconter plus précisément ses projets ; puis je lui permets d’intégrer la discussion en état de relaxation, de la manière suivante :

Après un temps de détente, l’amenant à "l’état alpha" (relaxation profonde), je lui propose d’entrer dans son espace de déprime, là où tout va mal, et je reprends ses mots (en isolant cet aspect dépressif, elle pourra le vivre complètement, pour en ressortir, comme on appuie le pied sur le sol d’une piscine pour remonter à la surface ; de plus, en état alpha, les défenses sont amoindries et l’expérience présente moins de risques qu’en état de veille). Je matérialise la sortie de cet espace, [elle pousse un soupir ou je sonne doucement le gong] et je lui propose d’aller dans le deuxième espace : celui dans lequel elle entreprend de sauver la planète, celui dans lequel elle se trouve pleine d’énergie et, de nouveau, j’utilise ses termes pour guider la visualisation de cet espace afin qu’elle puisse le vivre intensément.

Je matérialise la sortie de cet espace et la conduis dans un théâtre afin qu’elle devienne spectatrice de ses personnages. Sur la scène, elle peut voir apparaître le personnage dépressif et observer ses comportements, puis le "sauveur de la planète". Elle regarde ce qui se passe. Enfin, je lui propose d’observer l’éventuelle rencontre entre les deux. Est-ce qu’ils s’approchent, est-ce qu’ils s’évitent, comment se parlent-ils, et enfin comment se termine la rencontre ? Les personnages s’éloignent-ils ensemble ou séparément ?

Puis je termine la visualisation en précisant :
"Tu sais que tu es libre d’entrer dans un espace ou dans un autre, tu as le choix, tu n’es ni totalement dépressive, ni totalement sauveur, tu es toi-même Sophie, tu marches sur ton chemin, tu sens tes pieds, tes jambes...... et ton chemin te ramène à cet instant dans la pièce". Et je propose le retour à l’état de veille (quitter l’état alpha).
Elle me raconte alors le moment de la rencontre. A son grand étonnement, celle qui voulait travailler dans l’environnement prenait l’autre par le bras et lui disait : "Allez viens, allez viens", alors qu’en état de veille elle pensait que le personnage dépressif l’emporterait.

Cet exemple illustre un aspect de mon approche de relaxation thérapeutique. Il ne s’agit ni de nier la déprime, ni de valoriser les personnages apparemment positifs, mais de les explorer en état de conscience modifiée et de prendre du recul. Ensuite, le travail se poursuit à la fois au niveau conscient et au niveau inconscient.

Que s’est-il passé du point de vue de l’être ?
L’espace de déprime semble tout envahir, la vie n’a plus de sens, la vitalité est malade, les conditions extérieures étouffent l’être comme les mauvaises herbes étouffent la fleur. Sophie ne sent plus rien d’essentiel. En état de veille, elle croit (croyance) que la "dépressive" est dominante, mais en relaxation, elle recontacte dans son monde intérieur cette "force créatrice qui édifie notre être et qui régit notre corps" et redevient ouverte à la transformation.
L’état alpha permet de "s’ouvrir sur l’intensité grâce à laquelle l’être personnel s’épanouit de plus en plus" . Sophie a pu écouter la voix profonde de son être essentiel.

Un an plus tard, Sophie me téléphone pour reprendre contact ; elle est étudiante en 1ère année de faculté. Ayant eu une crise d’angoisse très forte, elle a appelé un médecin et pris des tranquillisants. Elle se trouve très ennuyée car elle a peur de devenir dépendante. Nous reprenons les séances de relaxation, et je lui conseille en parallèle de revoir un médecin pour une exploration relative aux douleurs abdominales dont elle se plaint. A cette époque, elle n’a plus envie de travailler ni d’être raisonnable. Elle a tellement pris en charge sa famille au moment du décès de sa mère, elle a été "sérieuse" et maintenant elle n’a plus qu’une envie, c’est de se laisser aller, de s’amuser et "sortir".

Dans le même temps, elle a une relation suivie et satisfaisante avec un garçon "bien", mais elle est secrètement amoureuse d’un autre, qui ne sait pas s’engager, vit la nuit : il représente ce côté tout à fait sans norme et sans loi qu’elle est en train de réveiller chez elle. La dualité l’interpelle mais ne la surprend plus. Son être de nouveau se manifeste. "On ne dompte pas l’animal en le mettant en cage" . La "Louve" réapparaît mais c’est de l’intérieur qu’elle trouvera sa place et sa fonction dans la vie de Sophie.

Voici ce que je tire comme enseignement de ce compte-rendu : à 15 ans, Sophie dépasse un premier problème, à 18 ans un second, à 19 ans, un autre se pose. Elle sait que la relaxation est à sa disposition. Lorsque surgit une difficulté, elle a une démarche de choix et de réflexion sur ce qui lui arrive et sur les moyens de s’en sortir. Elle est décidée à comprendre le phénomène de crise pour, une fois prochaine, se passer de médicaments. Elle se dit confiante.

2- Le 2ème exemple concerne une adulte, Mme X, venue me consulter sur le conseil de son médecin gynécologue.

Comme elle était extrêmement tendue lors de la consultation médicale, la pose d’un stérilet avait été impossible.

Lors de sa première visite, elle était nerveuse et surtout mécontente d’être "obligée" de faire ce type de démarche. En effet, elle considérait que la relaxation était réservée aux personnes malades ou ayant des problèmes mais ne lui était pas destinée. Après six séances de travail corporel et de relaxation, selon la technique spécifique appelée "Biosynergie ", Mme X a pu nommer consciemment son refus du stérilet et dire que son corps était maintenant devenu plus vivant, qu’elle était davantage à l’écoute de ses sensations et que ses relations intimes avec son mari s’étaient transformées.

Cet exemple parle donc d’une personne qui connaissait peu les médecines douces, ne se sentait pas concernée par ce type de démarche et qui, au départ, était demandeuse seulement du résultat : "Je viens pour arriver à me faire poser un stérilet" avait-elle déclaré. En six séances de une heure trente, elle a pris conscience de ce que son corps lui disait. La relaxation a connecté le conscient et l’inconscient, facilité l’écoute de soi et des messages du corps. Dans l’hypothèse où cette personne aurait pris des calmants, des décontractants musculaires, elle n’aurait jamais entendu les messages de son corps, et, peut-être, aurait-elle fait une infection ou un rejet du stérilet. Une telle lecture revient à dire à notre corps : "Tu manifestes, je t’écoute" et à nous sentir partie prenante de notre santé .
La relaxation favorise le décryptage du message car elle permet de lever des barrières de défense et de se placer dans un espace de sécurité. Alors les manifestations du corps prennent sens et la force vitale de l’être peut agir de nouveau, un peu comme une rivière dont on aurait nettoyer le lit ; lorsqu’on enlève les entraves, pierres, bois, terres accumulées au fils des jours, l’eau s’écoule librement, claire et chantante.
Ces barrages sont nos croyances, nos préoccupations quotidiennes auxquelles nous donnons des valeurs absolues. Nous avons peur de les perdre et ils cachent l’Etre.

3- Le troisième exemple concerne Mathieu, âgé de 14 ans

Au sortir de quinze jours de coma, Mathieu a subi toutes sortes de rééducations : réapprentissage de la parole, du mouvement, de la coordination, de l’alimentation, exercices pour récupérer toutes ses formes de mémoire, etc.
A force d’être manipulé et rééduqué, ce jeune ne sait plus pourquoi il vit, ni ce qu’il désire. Les adultes qui l’aident sont motivés pour lui, mais lui-même perd sa force de vivre, et il sombre dans un état dépressif.
Après une ou deux séances destinées à faire connaissance, je lui propose un travail de visualisation concernant "les espaces intérieurs" . Une fois en "état alpha", il s’agit notamment d’aller dans son espace de liberté, un lieu ouvert ou fermé, dans la nature ou dans un bâtiment, dans lequel il serait libre de faire tout ce qu’il veut, tout ce dont il rêve et qu’il n’a jamais pu réaliser. Dans cet endroit, Mathieu s’est vu peindre comme un artiste, sur les murs, tout autour de lui. Il était enthousiaste, saisi d’une nouvelle force créatrice.

Grâce à cette visualisation, il a pu exprimer un désir personnel, mettre en route la réalisation d’un rêve dont il avait à peine conscience et qu’il n’aurait pas osé nommer ; une nouvelle énergie de vie s’est libérée. Mathieu a contacté de nouveau sa vitalité profonde : l’être se manifeste souvent dans l’existence :

•d’une part, à l’occasion d’un événement traumatisant (accident, deuil) qui permet d’accéder à une nouvelle conscience, un nouveau regard sur la vie. C’est une opportunité d’ouverture sur l’expérience de l’être.

•d’autre part, à travers l’art qui n’obéit pas aux règles habituelles du monde et jaillit souvent des profondeur de l’inconscient.

La relaxation permet de redonner place à l’imaginaire et aux rêves sans se couper de la réalité matérielle et tangible, mais au contraire, en faisant le lien entre les deux. En cela, c’est une source d’équilibre. L’homme qui ne rêve plus est malade. La force de guérison
peut naître de la libération de l’imaginaire, alors, la vie reprend sens. La maladie, dans ce cas, était liée à l’absence de sens.

CONCLUSION

Actuellement, de nombreux jeunes sont malades de cette absence de sens. La dimension symbolique disparaît ; la nécessité de rentabilité, de rapidité, d’efficacité amène des réactions telles que : "Ce n’est pas la peine de rêver puisque je sais que ce n’est pas vrai". Karine 15 ans.

A l’inverse, au bilan des séances de relaxation, un jeune garçon de 12 ans (6ème SES ) affirme : "La relaxation, c’est entrer dans mon rêve à moi ".

La dimension symbolique concerne le lien entre les événements, la compréhension que donne la prise de recul, la mise en relation des éléments dans le temps et dans l’espace.

Dans le 1er exemple, Sophie : "J’ai des angines parce que je ne veux pas parler de ma mère".

Dans le 2ème exemple : "Je me contracte parce que je ne veux pas d’un stérilet".

Dans le 3ème exemple : "Je déprime car ma vie n’a pas de sens, je ne peux pas m’exprimer".

Cette prise de conscience permet de se réapproprier le symptôme, de le replacer dans le sens d’une histoire globale, de comprendre les phénomènes qui nous manipulent. Alors, avec la connaissance de soi, la confiance en soi se développe et il m’arrive d’entendre un enfant de 12 ans me dire : "Je vais bien, parce que j’ai osé" .

* Qui parle dans cette phrase ?

Pour conclure je souhaite faire part du témoignage de SOPHIE à l’âge de 20 ans

(Son évolution a été racontée en première partie de cet article)

"La relaxation psycho-corporelle m’a apporté avant tout du bien-être. Je le sens surtout lorsque j’ai des problèmes. Je repense à ce que nous avons pratiqué. Je fais le parallèle et je me rattache à ce que j’ai vécu ; cela m’aide à comprendre ce qui se passe en moi, ce que je ressens, qui je suis et pourquoi je vis cela.
Ce qui m’a le plus marquée et que je réutilise le plus, c’est le repérage des personnages dans l’approche sur la dualité, le ressenti, et surtout la prise de recul, se regarder de haut.
Je n’ai pas l’impression de "pratiquer" quelque chose ou de me souvenir des exercices, mais je m’aperçois, qu’aux moments de stress, je fais spontanément des respirations, ou bien je visualise mon "lieu idéal de relaxation", et souvent je me détends sur la musique. C’est difficile de préciser davantage car ça fait partie de moi, je ne peux plus le compartimenter.
Lorsque je conseille la relaxation à mes ami(e)s, je leur fais comprendre qu’au-delà de la technique, ça permet de rattacher les choses entres elles, et de faire des liens entre ce que nous sommes et ce qui nous arrive".

Geneviève MANENT : 59 ans, Formatrice et thérapeute en relaxation depuis 20 ans, spécialisée dans le travail auprès d’enfants et d’adolescents de tous milieux, notamment en centre de psychothérapie, écoles de musique et centres de loisirs. Enseigne la relaxation comme un art de vivre au quotidien avec humour, et comme outil d’évolution à portée de chacun. Expériences nombreuses notamment en Centre de soins, Institut de Formation aux Soins Infirmiers, Centre Hospitalier Spécialisé, Ecole de psychomotricité, auprès de retraités sur les problèmes de mémoire.