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Le Sel de la Vie

dimanche 12 décembre 2004

I/ LE SEL DE LA VIE (Saveurs et Organisation du moi)

Si le Créateur a structuré son oeuvre avec merveille, il l’a aussi imprégnée de pensées et de sentiments, et pour chacun de nos sens jusqu’au plus subtil, la création recèle les mille nuances des mille aspects du Divin, afin que l’homme se hisse lui-même en « goûtant » la Vie. Les aliments recèlent l’Imagination créatrice sous la forme de couleurs, de saveurs et de parfums, les dénaturer systématiquement conduit à la déshumanisation !

Les spécialistes en matière de nutrition ou de physiologie en arrivent à des conclusions similaires :

L’uniformité de l’alimentation est vraisemblablement un facteur d’indifférence. Pr. Le Magnen (C.N.R.S.)

L’uniformité alimentaire qui impose un type de nourriture, toujours le même, comme dans les cantines, les restaurants universitaires, les snacks, conduit tout simplement à la déshunanisation. Pr. Trémollières (Laboratoire de nutrition à l’l.N.S.E.R.M.)

Parce que le libre choix de notre alimentation, c’est la plus grande liberté, qui nous reste encore, la perdre, c’est perdre du même coup sa liberté de pensée. C’est la voie la plus directe vers l’indifférence et le laisser aller, c’est une des meilleures façons de laisser s’évanouir l’imagination. J. Pulsais (Pdt de l’institut du Goût à Tours)

Rudolf Steiner déclarait que ce que l’on éprouve par le sens du goût, ce sont des correspondances vivantes entre le microcosme et le macrocosme, dont la compréhension rendra possible une véritable hygiène alimentaire. Nous en avons besoin car l’existence humaine n’est plus guidée par l’instinct, il faut les remplacer par une communion consciente avec l’environnement cosmique.

Nous percevons :
le sucré à une dilution de 1/200
le salé à une dilution de 1/400
saveurs dites positives (attraction)
Nous percevons :
l’acide à une dilution de 1/430.000
l’amer à une dilution 1/2.000.000
saveurs dites négatives (rejet)

Autrement dit, pour en percevoir le goût, nous avons besoin de plus de sucré que d’autres substances. Ce qui ne manque pas d’intérêt, si l’on songe que le sucre est lié, d’après Steiner, à l’organisation du Moi. Dans son cours médical de 1920, il expose comment la gustation se PROLONGE DANS TOUT LE TUBE DIGESTIF ; la digestion, c’est aussi UNE MÉTAMORPHOSE DU PROCESSUS GUSTA TIF VERS LE BAS. Ce qui signifie qu’une bonne digestion repose sur une faculté de goûter avec tout le tube digestif, et une mauvaise digestion sur l’incapacité de le faire. Il y a une expérience gustative spécifique des différents organes concernés, et le développement normal de la vie dépend du perfectionnement de ces goûts organiques.  [1]

Les Chinois ne disaient rien d’autre :

L’aigre ou l’acide convient au Foie, l’amer au Coeur, le doux et le rafraîchissant à la Rate, le piquant aux Poumons, le salé aux Reins. Mais I’aliment trop acide nuira à la Rate, le trop salé nuira au Coeur, le trop doux nuira aux Reins, le trop amer nuira aux Poumons et le trop piquant nuira au Foie. SO OUENN, ch. III.

Si, pour Steiner, le doux est lié à l’organisation du moi, pour les Chinois, le doux, le sucré est en relation avec l’élément Terre, centre des 5 éléments. Chacune des grandes fonctions de l’organisme possède en effet une « coloration psychique » (voir Hélia des N° 4 - Les 5 éléments) et l’analogie psychique avec cet élément central est la Réflexion. C’est la construction d’une réponse à l’environnement d’une intelligence qui s’interroge, autrement dit, l’organisation du MOl. Cette organisation apparaît corrélative aux processus d’intériorisation du sens du goût et donc de ce qui le favorise. En effet, chez les animaux inférieurs, le sens du goût est épidermique ; un Silure, par exemple, poisson aveugle, perçoit la nourriture qu’on approche de sa queue, il se tourne d’un coup et la saisit aussi sûrement que s’il la voyait. (Chez beaucoup d’insectes, les organes gustatifs sont encore plus périphériques et liés à l’organisme des membres). En intériorisant le sens du goût l’homme s’est dégagé de l’animalité.  [1]

Il apparaît évident que ce pouvoir d’intériorisation finalement étroitement lié à la conscience et à la structure même de notre individualité est mis en péril, voilé en quelque sorte par les agents artificiels constamment ajoutés à notre alimentation pour pallier à son insapidité résultant de traitements divers. Par contre ce processus d’intériorisation, et finalement de construction du Moi et de la conscience est affiné, flatté par des saveurs subtiles elles-mêmes intériorisées, cachées, comme dans les céréales, nombre de fruits et légumes naturels. Sous cet angle, la consommation de produits adroitement préparés et naturellement savoureux et nécessitant un minimum de mastication, me paraît être un facteur positif pour le système nerveux central, la conscience, pour « recentrer » le sujet, surtout s’il y a perte de l’identité, troubles de la personnalité.

II/ LA FERMENTATION DES HYDRATES DE CARBONE

Elle se fait principalement dans l’intestin grêle. II en résulte divers acides, les micro-organismes de la flore intestinale engendrent un ferment qui est capable de digérer la cellulose. Ensuite les processus de fermentation continuent dans le gros intestin. Là, ils doivent être domptés aussi bien que la putréfaction des albumines. Lors de la fermentation, il se forme de l’alcool, il ne faut pas qu’il monte à la tête. II faut que le sucre qui naît de l’amidon et de la cellulose puisse jouer son rôle normal et parvenir au domaine de l’organisation du Moi. C’est elle qui agit, comme un pôle antagoniste et d’en haut, contre les fermentations de l’intestin. Nous retrouvons ici une polarité de la constitution humaine :
d’une part la tête, centre du système neuro-sensoriel, et d’autre part le métabolisme, centralisé dans les organes du tube digestif. Steiner était arrivé à la conclusion que la plus haute activité spirituelle, liée à la perfection du cerveau, est également liée au perfectionnement correspondant de l’intestin. Ce processus de fermentation joue un rôle important dans la digestion des céréales. Déjà Liebig en 1865 reconnaissait que « séparer le son de la farine est un luxe plus nuisible qu’utile à la nutrition », ce qui fut nié par la suite. Mais aujourd’hui c’est une donnée physiologique incontestée. Le physiologiste B. Thomas, dans son ouvrage allemand
Les Substances Nutritives et le Lest dans les Céréales, conclue que les produits céréaliers dits complets sont très importants pour la santé des processus digestifs. Sous leur influence, la mobilité de l’intestin grêle augmente, parce que les mouvements péristaltiques se déroulent d’autant plus intensément que la nourriture est moins digestible, ou plus riche en substances non digérées qui exercent une excitation chimique et mécanique. Voici les conséquences de cette mobilité accrue :
- Brassage plus intense de la bouillie alimentaire.
- Secrétion accrue de sucs digestifs (y compris bile et cholestérol).
- Influence favorable sur la circulation du sang et absorbante de l’épithélium intestinal.
- Absorption plus rapide des substances nutritives décomposées par les ferments, passage plus rapide dans les vaisseaux sanguins et reflux plus rapide du sang veineux à partir de la muqueuse intestinale.
- Transfert des substances résorbées, de l’intestin au Foie et accélération partielle de la progression de la bouillie.

Les bactéries intestinales qui digèrent la cellulose font obstacle à la production de poisons provoqués par la putréfaction des albumines. Il est vrai, ajoute Thomas, que cette faculté paraît souvent se perdre chez l’homme actuel, probablement parce qu’elle n’est pas mise en oeuvre. Toutefois, les malaises disparaissent généralement par suite d’une rapide accoutumance, c’est-à-dire d’une adaptation de la flore intestinale. C’est peut-être ce que voulait dire R. Steiner quand il énonce : « Lorsqu’on peut digérer un pain plus grossier, c’est en réalité la plus saine des nourritures. » L’homme actuel s’est déshabitué de ce travail en raison du régime alimentaire issu de la société industrielle. Peut-être par hérédité, il souffre de troubles intestinaux lorsqu’il consomme du pain ou des céréales complètes. Mais il pourrait certainement éduquer ses organes et du même coup fortifier l’activité de son Moi. Thomas écrit : « Les personnes habituées dès l’enfance aux céréales complètes sont disposées, une fois adultes, à s’y réaccoutumer. »

- Enfin les graisses et protéines qui sont enveloppées de matière fibreuse sont plus facilement digérées grâce à la flore intestinale, ces fibres favorisent la synthèse des vitamines par les bactéries de l’intestin. [1]

En ce qui concerne le pain complet, le fait de rajouter du son à la farine en fait un aliment irritant, les transformations des enveloppes par la fermentation d’un vrai levain ne sont pas faites c’est une commodité mais plus un véritable aliment. Il faudrait également éviter la consommation de farines ou de flocons du commerce, l’oxydation est rapide et les qualités nutritives s’amenuisent en conséquence.

Enfin je rappelle qu’il existe maintes façons de consommer des céréales même pour les intestins les plus fragiles (décoctions, maltosées avec du lait d’amandes pour les enfants, potages, etc...).

III/ LE CENTRE N’EST PAS LE JUSTE MILIEU !

Si une alimentation comportant plus de fibres végétales, une autre qualité d’hydrates de carbone et moins de graisse paraît souhaitable pour sauvegarder notre équilibre psycho-somatique, il semble bon de rappeler ce proverbe-qui aurait pu être chinois « Le centre n’est pas la juste milieu. » Autrement dit la quête de l’équilibre parfait-en matière de nutrition risque de figer un principe qui, par essence, est dynamique.

IV / LES RÉGIMES ALIMENTAIRES [2]

Nul régime fixe ne peut être entièrement correct pour un groupe de personnes... ayant des tempéraments et des équipements variés, et diversement âgées. Les individus diffèrent, il leur faut découvrir ce qui leur est nécessaire en tant qu’individus et la manière la plus favorable de pourvoir à leurs exigences (...) Il faut que chacun le découvre pour lui-même. Il n ’existe pas de régime collectif. Nul régime éliminant la viande n ’est exigé, nul régime exclusivement végétarien n’est obligatoire.

Il y a des périodes de vie et parfois des incarnations entières où un aspirant se soumet à une discipline alimentaire. Plus tard il se tournera vers la nourriture disponible qui lui permettra de soutenir au mieux l’efficacité de sa vie.

Patrice LAURENT.


Dynamique de l'alimentation


[1L’alimentation dynamique - G. SCHMIDT - Ed. Triades.

[2La Guérison ésotérique - A.A. BAI LEY - Ed. Lucis.
Voir aussi VITAL - août et septembre 1981
et SCIENCE ET VIE N°130 et 768.